Miravos diario

mardi 20 mai 2008

¡ Ya se acabó !

On a entamé la route du retour vers la France. On ne vous cache pas notre impatience de vous revoir après un an et des poussières, alors va falloir placer des weekends dans les agendas ! On ira passer des nuits sous la tente dans la montagne. Oh ouuui 1 Et un petit orage inopiné finira de vous persuader qu’on apprécie toujours plus son confort quotidien après avoir vécu dans les pires conditions. Des amateurs pour le weekend du 32 juillet ?

D’ici là on vous raconte où on a trainé nos bottes depuis 15 jours. D’Arequipa au Pérou on est revenu à La paz, la capitale des boliviens. Le grand marché a été notre quartier général pendant 2jours. On y trouve de tout et toute sorte de passants. Nos stands préférés auront été ceux des jus de fruits. Comment résister à toutes ces bonnes vitamines ? Autre argument , le prix ridicule de la dose : de 20 à 50 centimes €. On ne s’est donc pas privé ! Pour rentrer à tant en Argentine on a parfois du manger de grosses journées de bus comme la fois où on a quitté La paz pour Sucre en faisant une halte dans un parc animalier de la région de la région de Cochabamba.


















Bus de nuit puis de jour puis de nuit ! 25 heures de bus en 30h… C’est d’autant plus fatiguant quand le chauffeur vous inflige sa musique pourrie à bloc ou quand il n’y a pas assez de place dans le van et qu’il faut se contenter d’une seule fesse assise pendant 3h. A travers les villes qu’on a visité, les boliviens nous un peu déçus dans le contact qu’ils ont avec nous les étrangers. Distant, opportuniste et un poil raciste. Sans doute parce que leur condition sociale est le résultat de notre domination économique. Quand on se retrouve face à la réalité du quotidien des mineurs de Potosi on comprend mieux pourquoi.

Cela fait 400 ans que le cerro rico (la montagne riche de Potosi) est exploitée pour les minéraux qu’elle recèle. Les 10 000 mineurs qui y travaillent sont aujourd’hui organisés en coopérative, chaque coopérative administrant une à plusieurs mines. Ce sont en tout 200 mines en activité. On est descendu dans l’une d’elles. Il faut s’accroupir, passer sous les tuyaux et dans les tunnels. L’immense majorité doit bosser tous les jours (sauf samedi et dimanche tout de même ) pour nourrir la famille. Les meilleurs mineurs, qui sont actionnaires de la coopérative après avoir acheté leur droit d’entrée de 1000 dollars (7500 bolivianos), gagnent 100 bolivianos/ jour (divisez par 10 pour avoir en euros). La 2° classe gagne 60 bs/jour plus variable et la 3° classe gagne 60 bs/jour. Ces derniers travaillent dans le transport du minerais, les 1° administrent les opérations. Moins on bosse et plus on gagne, comme dans les grandes entreprises ! A souligner qu’avec 60 bolivianos on mange et on dort sans aucun problème. On peut même prendre l’apéro ! Le problème c’est que cet argent ils doivent s’en servir pour toute la famille qui est souvent nombreuse, de 3 à 7 personnes non actives (gamins et vieux). L’age de la retraite est 60 ans. C’est rare qu’ils l’atteignent puisque l’espérance de vie du mineur est de 45 ans. Le niveau de vie des mineurs fluctue selon les cours du minerai sur le marché internationale. En ce moment ce n’est pas la fête mais il ya 5 mois ça l’était ! Pour s’attirer les faveurs de la Pacchamama et ainsi démarrer la prospérité dans les mines, les mineurs quechuas sacrifient un lama. La cérémonie est plutôt décousue. Avant de l’égorger ils lui font avaler des feuilles de coca, du sal (ou du sucre on a pas bien vu) et un verre de Potosina, la bière locale. Ils partagent avec la Pacchamama (pardon, la terre mère) tout ce qu’ils ont. On met le lama face au soleil et hop, égorgé. Le sang récolté est tout de suite offert aux familles alentours pour qu’elles l’éparpillent sur les murs de leur maison, idem sur l’entrée de la mine. On dirait que ça n’a rien d’exceptionnel, pas d’incantations, ps de lecture de texte religieux… Du coup c’est presque du barbarisme. Ils y croient quand même à fond et accompagnent ça d’explosions de bâtons de dynamite pour célébrer le nouveau cycle. C’est jour de fête, ils finiront tous saouls et le lama sur le barbecue !



Apres ce dernier épisode sur l’Altiplano, on est descendu près de la frontière sur Tarija pour goûter un peu les vins boliviens. Un peu parce qu’ils n’en ont pas beaucoup et que c’est pas les meilleurs d’Amérique latine ! Dans le bus qui nous emmenent dans la vallée des vignobles on apprend qu’une grève nationale aura lieu le lendemain pour protester contre l’autonomie de la région de Santa Cruz, la plus riche de Bolivie (because petrole). Les grèves ici c’est pire qu’en France. Oui on n’est pas les plus chiants ! En Bolivie ils bloquent l’entrée et la sortie des villes aux camions et bus. Il faut absolument qu’on parte dans la nuit et qu’on atteigne la frontière argentine dans la matinée ! Bien qu’on subisse les multiples erreurs d’organisation des boliviens on passe la frontière avec 5 h de retard mais on la passe quand même ! Traversée de rio sur un mini bateau et nous voila au pays ! Enfin le pays d’adoption, l’Argentine !

Depuis on a passé quelques jours dans le nord ouest argentin et nous sommes revenu à Buenos Aires samedi. On a eu droit à une journée dans un ranch avec barbecue et cavalcades. L’hospitalité argentine vécue en live ! Ca fait du bien de revoir Buenos Aires, de revivre la vie porteña. Toutes les bonnes choses ont une fin ! Le blog se termine ici. A tres bientot, en France!

mercredi 30 avril 2008

Le 13eme travail d´Hercule: du Choquequirao au Machu Picchu

Allin punchaw! Bonjour, en quechua évidemment!

On quitte Cuzco pour le dernier trek du voyage. Celui-ci part du village de Cachora (près de Cuzco) passe par le site inca du Choquequirao et termine sur le célèbre Machupicchu. Ce trek, long et difficile (en raison de l´altitude) s´effectue à l´aide d´une mule et de son propriétaire pour porter les sacs. On a choisi de ne pas s´inscrire sur les longues listes d´attente de l´Inca trail puisque c´est un concentré de tout ce qu´on aime pas: encadré par des agences, 200 personnes par jour sur le chemin, on se fait porter les sacs par les mules et les repas sont préparés par les cuistos... Bref, c´est pour les assistés.
A Cuzco, on achète les provisions pour le trek qui doit durer 10 jours : beaucoup de pâtes et 15 lts d´eau (pas suffisant pour 10jrs mais on compte en racheter à Cachora). Contrairement à la Patagonie où l´eau des ruisseaux était excellente et abondante (direct des glaciers!), ici l´eau est plus rare et pas souvent potable. Compte tenu de cette information il nous est donc impossible de faire le trek par nos propres moyens. Au croisement pour Cachora où nous dépose le bus, on attend, comme les péruviens, le colectivo (ici, taxi collectif) et on refuse le taxi à touriste. La voiture (un break toyota) arrive avec déja 2 personnes à l´avant (dont le chauffeur) et 3 à l´arrière (dont une petite fille). Un couple de personnes agées montent alors. C´est complet pour nous. Et ben NON! Les sacs vont sur le toît, le vieux dans le coffre entre les tonnes de bagages qui s´empilent et moi et Gaétan à l´arrière.Vive le Pérou! Un peu plus loin on prendra même un autre passager qui montera... devant! On est 9!
Le chauffeur nous dépose chez une loueuse de chevaux. La femme est très gentille et nous offre même le coucher de ce soir et le repas du midi. Suite à une discussion avec elle à propos du circuit qu´on souhaite réaliser, on se rend compte que nos gigantesques réserves d´eau sont un
peu inutiles et qu´on peut acheter à manger et à boire à chaque campement. Nous voila face à un
choix: partir seuls ou avec une mule qui porte tout notre stock? On hésite longuement sur la marche à suivre. On finit par décider de contrater l´arriero (mulier) jusqu´au Choquequirao puis de là voir. Ce dernier, Vicente, est jeune; 18 ans selon sa mère, 15 selon nous et on se méfie un peu. Et en plus il faut le nourrir et on est pas sur que nos provisions suffiront.
Pendant le début de soirée à Cachora on discute avec les enfants du village pour connaitre un peu plus leur quotidien. Tous ne vont pas à l´école et quand ils y vont c´est seulement le matin. L´après midi est consacrée à jouer et à aider les parents. Les plus petits sont aussi les plus sales. Ils sont habitués à jouer dehors sans la surveillance des adultes dès qu´ils savent tenir debout. Leurs maisons sont construites en adobe et donnent l´impression d´avoir été construites par les parents (ce qui est peut être le cas). La vie du village s´articule autour du travail dans les champs.
Le lendemain matin (la nuit porte conseil) on est déja dans l´optique de continuer la route seuls après le Choquequirao (c´est à dire après 2 jours de marche) . Les 10 premiers kilomètres sont plats et très agréables. Au premier col on aperçoit déja, au loin, le Choquequirao. On descend ensuite 1000 m pour traverser le rio Apurimac. Dans le canyon il fait très chaud. Il nous reste ensuite 600m de montée (5kms) que nous plions en 1h. Cette introduction nous a montré que la suite allait être costaud mais on est bien décidé à continuer seuls à partir du 3eme jour. Ce sera plus marrant et un défi de plus à relever (le dernier du voyage). Et nous les défis on y a pris goût!
Le soir au campement on fait bouillir 5 lts d´eau pour la rendre potable (elle prendra le gôut de la fumée et restera imbuvable...). On est pas fatigués mais on fait péter 800grs de pâtes pour alléger les sacs. Vicente se révèle un garcon bien sympatique mais on lui fait part de notre décision de continuer seuls. Pas de problème pour lui, il nous dessine même un plan de l´itinéraire à suivre.
Le lendemain après 2h de montée (sec!) on se sépare de Vicente et de notre mule qui ne peuvent aller au campement sans payer l´entrée du site que nous atteindrons, seuls, 2h plus tard (4kms) et en sueur! On prépare des pâtes à l´ail pour combattre les moustiques et on se frotte même le visage et les mains avec les gousses, ça marche encore mieux! Grand luxe, la douche à l´eau glacial du rio. C´est mieux que rien. Travailles ton mental! Pas de bol pour Alexia, elle sera assaillie par les moustiques sous la douche et en ressort propre, mais couverte de piqures. Cher payé!
Le jour suivant est consacré à la visite du berceau de l´or (Choquequirao). Considéré comme le 2eme Machupicchu, la cité a été découverte 70 ans avant (1834). C´est seulement dans les années 1990 que les archéologues s´y réintéressent et démarrent la mise en valeur du site. Détruit par les conquistadores, il ne reste que 20% des vestiges intacts, le reste a été reconstruit par des ouvriers. L´aspect le plus intéressant car unique en son genre, réside dans les lamas de pierres blanches incrustées dans les terasses. Le site ne présente pas d´autres originalités et manque de lieux religieux aux pierres finement taillées.
La siuation géographique en revanche lui donne de la splendeur. La cité se fond dans le paysage silvestre et montagneux. Les différentes ruines sont éparpillées sur les flancs de la montagne et en se rendant à la maison des sacerdotes on rencontre 2 faucons. L´un d´eux nous survole de très près. Waouh!! Au 2ème passage il pique carrément sur nous! On se protège juste à temps pour qu´il redéploie ses ailes et reste à distance raisonnable. Alexia part en courant de crainte d´une deuxième attaque, tandis que Gaétan en redemande! Plus tard on les verra chasser un oiseau et le dévorer, perchés sur une branche. A partir du jour suivant, on doit porter nos sacs, c´est le début de la véritable aventure! L´étape s´annonce longue et difficile. On la fera en 2 jours campant dans le fond du canyon et laissant la montée pour le lendemain. Notre avancée est beaucoup plus laborieuse et lente avec tous ces kilos sur le dos mais lorsque l´on croise 2 touristes de notre age montés sur leurs chevaux et guidés par un arriero et un cuisinier à pied; ou encore cet autre au campement sirotant son maté bien assi sur sa chaise pliante en face de sa table avec ses 3 mules, son cuisinier et son guide, on oublie notre fatigue bien vite...
L´après midi est consacré à la baignade dans le rio, pas si froid et bien appréciable quand le manque de douche se fait sentir. A la nuit tombée on rentre vite pour éviter la chauve souris du canyon, parait-il très agressive... La montée du lendemain ne commence qu´à 15hoo pour éviter la chaleur. Seulement voila, à 17h30 on est toujours pas arrivés au campement et la nuit tombe déja. On décide alors de planter la tente dans un enclos à cochon, seul endroit plat qu´on a trouvé en chemin. 3h n´auront suffit pour venir à bout des 1000m de dénivelé.
L´avantage c´est qu´on est seuls au campement (avec les cochons...). Au petit matin on se dépêche de rejoindre Maesal (ce village se constitue d´une seule famille...), notre objectif de la veille. Petit déjeuner préparé par la fermière c´est à dire riz, patates et oeufs! Avec ça tu grimpes comme un lama! Et on a bien grimpé en effet. On arrive au col (4200m), crevés par le poids des sacs et le manque d´air. La montée aura durée 3h30, traversant la forêt subtropicale et empruntant un chemin inca, en pierres évidemment!
Le panorama depuis le col est à la hauteur de l´effort qu´on a fourni. Les nevados de 5800m nous font face: c´est une belle pause déjeuner!





















On descend ensuite sur Yanama, 400m plus bas où nous campons dans le jardin d´une famille de paysans. Douche froide une nouvelle fois mais douche quand même! On tape la discute avec la mère de famille. Dans la maison-cuisine (ah oui ya une cabane pour la cuisine, une autre pour dormir) se balladent les cuy (à prononcer comme les parties génitales lol) avant de terminer dans les assiettes. Ce sont en fait des cochons d´Inde. Il n´y a pas d´électricité dans ce village et on s´éclaire grâce à notre lampe torche. On troque la deuxième lampe contre le souper du soir, c´est notre BA!
Après un petit déjeuner dans la cabane de la famille, on part à 7h30 à l´ascension du plus haut col du trek: 4700m. Tout se passe à merveille et à midi on atteind l´objectif. La dernière heure nous a coupé le souffle à cause de l´altitude mais on est en haut avec nos sacs. C´est un bel effort qui nous vaut l´admiration des trois belges présents au sommet mais allégés du poids de leurs sacs par les mules qui les accompagnent.
On redescend sur Totora à 3500m pour camper. L´accueil de ce soir est assez rude. Les amis de la famille n´ont pas l´air d´aimer les étrangers. Les gens de la région ne veulent pas nous apprendre des mots de Quechua, surement pour pouvoir continuer à parler entre eux sans qu´on les comprenne. Belle mentalité! Ils sont gentils mais ne veulent pas partager plus que les traditionnelles banalités des présentations. Le 8eme jour ca descend gentillement et au bout de 2h on barbotte dans les piscines thermales de Collpapampa.

Personne ne viendra nous déranger à part la vieille qui au bout d´une heure nous demande de sortir. Genre on abuse... On se remet donc en route.
Les dernières heures sont très pénibles, on en a marre, on est fatigués et on a vraiment hate d´arriver. Pour finir, on arrive enfin à Playa, village qui ne vit que de la manne des touristes qui y terminent leur trek. C´est donc moche.
On refait le plein de vivre pour les 2 derniers jours qu´il nous reste jusqu´à Aguas Calientes, le village au pied du Machu Picchu. La plupart des touristes avec leur agence s´arrêtent ici et partent à Aguas Calientes en bus. Mais nous on a la foi! Plus que 3 jours selon nos calculs! On campe devant les mini restos sur une parcelle d´herbe, faute de mieux. On ne le sait pas encore mais c´est en fait notre avant dernier jour de trek. Après 2 attaques de chien repoussées on entame la montée vers le centre cérémoniel de Llactapata, que nous atteignons en fin de matinée. On a tout le temps nécessaire de redescendre ce soir sur Aguas calientes. Yesss! De Llactapata on jouit d´un point de vue bien mérité sur le Machu.
On autosalue notre tenacité et notre persévérance en cuisinant presque toutes les pates qu´il nous reste ! Faces au machu Picchu c´était un peu comme une offrande qu´on faisait là, un remerciement à la Pacchamama (la terre merre) ! Tiens, des pâtes sauce napolitaine ! La descente sur Aguas Calientes se terminera en train, trop crevés pour longer les rails pendant 2 heures. Super ségrégation tarifaire et même spaciale sur le billet de train. C´est le carton rouge! À Aguas calientes on dort dans un lit. C´est tellement douillet qu´on aura du mal à se lever le lendemain à 3h30 pour monter au Machu dans la nuit.
L´idée est de terminer comme il se doit ce trek avec un chemin inca de pure montée sado masochiste débouchant sur le Machu Picchu. Ca a failli ne pas se faire à cause d´un malentendu au milieu de la nuit mais voila, on part à 4h30 sur les chapeaux de roue. Le premier bus arrivera en haut à 6h, on doit être là bas avant coûte que coûte. On trace donc comme des malades à la lumière de la lampe torche. Là! C´est le chemin inca qu´on doit prendre! Les marches sont toutes plus hautes les unes que les autres, on a aucune idée de notre position par rapport à l´arrivée alors on avale ces satanées marches jusqu´à perdre notre souffle et se noyer dans notre sueur. A un moment Che nous rejoint; pourquoi maintenant? Comment? En tout cas la prophétie s´est réalisée et il est revenu au matin du 10ème jour ! (Seuls les anciens porteños comprendront ce passage là lol) On aperçoit les terasses du Machu entre 2 lacets, on y est ! Il est 5h30, le chrono a été pulvérisé, nous aussi.















2 argentins nous accueillent, eux aussi en sueur. Il ne faut pas beaucoup attendre avant que les premiers bus ne débarquent. En 1/4 d´heure on passe de 10 personnes à l´entrée à 100 ! Ca a beau ressembler à Disneyland sur les bords, la cité (et même le prix exhorbitant !) ainsi que la marche pour y parvenir en valent vraiment la chandelle.

Les vestiges sont très bien conservés, les temples nombreux et le cadre naturel finit de nous envouter. Vous voyez la montagne du fond? C´est le Huayna Picchu; on y est monté aussi, histoire de se finir bien comme il faut !

Depuis, on est allé se reposer à Arequipa, la 2 eme ville du Perou. Ca vaut pas Cusco mais c´est sympa quand même. Actuellement nous sommes en Bolivie, à La Paz. Le compte à rebours à commencé. Dans 15 jours c´est le retour à la vie argentine et dans pas beaucoup plus à la vie française. Avant ça on termine de découvrir la Bolivie.

jeudi 17 avril 2008

Les incas

Au petit matin, à l´arrivée du bus à Cuzco, c´est le remue ménage. La policia nous attend pour effectuer des fouilles sur les passagers. Juste avant de descendre, une chola (femme bolivienne à l´habit traditionnel) reprend trois shampoings (qu´on devine plein de coke) qu´elle avait glissé entre nos sièges pour ne pas se faire prendre par la douane. Ca aurait pu être chaud pour nos fesses! A la descente du bus, elle ne se fait même pas fouiller; on la regarde médusés... On prend notre temps pour choisir notre auberge et on finit par s´accorder sur un hostal à l´ambiance jeune avec deux terrasses surplombant Cuzco.
La ville est magnifique, les espagnols ont mis les bouchées doubles pour convertir la capitale de l´empire inca en une cité hispanique catholique. Rien que pour la plaza de Armas ce sont trois églises qui l´entourent!!


Beaucoup de murs conservent les pierres incas, ce qui donne à la ville un style authentique : mi inca - mi espagnol.




Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué??

Tout est ancien et très bien conservé malgrès les tremblements de terre successifs. C´est très beau et très agréable. Tout une partie de la ville, celle où l´on passe notre temps, est construite sur la montagne. Cela constitue un bon entrainement au futur trek que de monter et descendre les marches pour se promener ou rejoindre l´hotel. On profite de ces quelques jours à Cuzco pour se plonger dans l´ambiance inca; préliminaire qui nous parait indispensable avant d´être confrontés aux cités du Choquequirao et Machupicchu. Visites de musées, exploration de la vallée sacrée, constitueront notre base de connaissance de la civilisation inca.
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D´ailleurs on tient à vous faire partager ce qu´on a appris donc tout de suite une petite page culturelle. Le 1er inca (inca est la traduction espagnole d´Enca, celui qui sait tout et qui peut tout) serait l´inca Yupanqui Pachaceto, vers 1100 ap.jc. L´expansion de l´empire inca a vraiment commencé en 1400 ap.jc. avec la guerre contre les Chankas qui démontra aux incas leur possibilité d´expansion par la conquête de territoires. Ils conquérirent donc un grand nombre de peuples et de territoires.

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Ce faisant, ils apprenaient la spécialité des vaincus (construction de portes antisismiques, tissage, céramique etc...) et la perfectionnaient. Au XV s, ils s´étendirent dans la zone de Vilcabamba au Pérou en créant 5 centres administratifs et religieux : GuamanMarca, Machupicchu, Victus, Espiritu pampa et Choquequirao. A cette époque, leur empire était à son apogée . La capitale et le centre de l´empire était Cuzco. Ici se trouvaient les nobles et dirigeants, vestis de rouge et parlant la langue des nobles, le Quechua. L´empire inca se serait étendu des côtes de l´Equateur au nord ouest argentin en grignotant un peu dÁmazonie. Les incas étaient monothéistes . Ils vénéraient un dieu invisible qui se trouverait au dessus du soleil (le dieu Wiracocha). Ils sacrifiaient ainsi des lamas pour les offrir à leur dieu. Parfois même, mais beaucoup plus rarement, ils sacrifiaient des enfants. On a retrouvé des momies d´enfants exceptionnellement bien conservés à plus de 6000 mètres d´altitude (on en a vu une a Salta, en Argentine!!).

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Ces sacrifiés faisaient partie des enfants qui, choisis pour leur exceptionnelle beauté, étaient envoyés à Cuzco (capitale de l´empire pour ceux qui ont déjà perdu le fil lol) afin d´être bénits par le roi. Après la cérémonie, certains restaient à la capitale tandis que les autres repartaient dans leur village accompagnés par leurs proches. Dans ce dernier cas, ils devaient y aller en ligne droite (comme les rayons du soleil) et non par le chemin qu´ils avaient pris à l´aller! On imagine les difficultés par lesquelles ils devaient alors passer. Pierres à déplacer, ruisseaux à traverser, pentes boueuses casse gueule, combats de coq le dimanche, faces à faces avec des cochons dindes enragés, etc... De retour dans leur village, ces enfants étaient considérés comme des demi-dieux. Et parfois, ils étaient offerts au dieu pour que celui-ci soit clément et amène de bonnes récoltes. On amenait alors l´enfant en haut de la plus haute montagne des environs (plus proche du soleil et donc de dieu) et on lui donnait à boire de la chicha (cet alcool de maìz assez spécial...beurk!). On l´enterrait avec des objets personnels et de la nourriture pour le voyage.
Et oui, les incas croyaient qu´il y avait quelque chose après la mort. Ils pensaient que les momifiés voyageaient 500 ans avant de revenir sur terre. Certains disent que les incas avaient plusieurs dieux. En réalité cette idée serait née de la multiplicité de dieux auquels croyaient les peuples conquis par les incas. Ce qui est vrai, c´est que les incas avaient un immense respect pour la nature, la terre mère (paccha mama). Dans leurs sculptures, on retrouve très fréquemment le condor, le puma et le serpent.
Trône du roi ou ici, de la reine!















Ici, on peut voir la pate d´un puma. Et là un lama couché! (bon ok faut le voir! La tête est en haut à droite. On vous laisse trouver le corps)

De même pour la lune et le soleil auquels ils consacraient des temples. Leur respect de mère nature était tel, que leurs constructions se fondaient dans le paysage sans même déranger les roches qui s´y trouvaient. Dans chaque ville inca se trouve une pierre qui capte l´énergie solaire et connecte la terre avec le soleil.

Pierre énergétique de Sacsayhuaman, Alexia capte la force!

Les montagnes étaient considérées comme une grande source d´énergie. C´est pour cela que la plupart des sites incas étaient fondés sur la montagne et non pas dans les vallées.


Ils avaient sans conteste la maîtrise des ressources naturelles et étaient de fin connaisseurs d´astrologie. Pour observer et mesurer les étoiles ils construisaient des mini bassines qui reflétaient le ciel. De même, ils ont construits de surprenants calendriers solaires. Les jeunes se formaient à toutes ces techniques dans des genres d´université. Pucapucara, un site inca, était spécialisé dans l´apprentissage spirituel des jeunes nobles et futurs dirigeants. En arrivant sur ce site, pour une période de 3 mois, les jeunes venaient de terminer leur entrainement physique. On leur apprenait alors l´art de construire une cité (à l´aide de maquette en pierre ci contre), à se construire spirituellement etc... Un jeûne de 30 jours terminait (pour ceux qui y survivaient) les classes. Ils apprenaient ainsi la privation en recevant uniquement de la chicha tous les 3 jours. Lorque les espagnols débarquèrent sur le sol américain (1533), l´empire inca était à son apogée et continuait son expansion.

Une des pierres présente sur le site d´Ollantaytambo, qui était en construction lors de l´invasion espagnole

Cependant, c´était aussi une période de conflits qui le fragilisait. En effet, à cette pèriode, deux des fils du roi se disputaient le pouvoir. L´un d´eux, élevé dans la noblesse, était l´héritier officiel. Le second se rebella contre les privilèges de la noblesse et réclama le droit à la gouvernance. Le 1er offrit au second de gouverner les provinces, tandis que lui, habitué des us de la noblesse, gouvernerait Cuzco. Mais cette solution ne satisfaisait toujours pas l´autre fils. Lorsque les espagnols tuèrent le frère rebèle, ils furent acclamés par les habitants de Cuzco.

Mais au bout d´un an ( c´est long mais au moins ils étaient surs d´eux !), les incas comprirent que les espagnols n´étaient intéressés que par l´or et qu´en fait d´alliés c´était leurs ennemis. (rq marrante: quand les espagnols arrivérent, les incas, n´ayant jamais auparavant vus de chevaux, leur amenèrent de l´or à manger; pensant peut être que cet animal était un envoyé de leur dieux. Les espagnols pensèrent alors que les incas croulaient sous l´or, la belle affaire !).
A Sacsayhuaman ( au bout de la 10eme fois on a reussit à bien le prononcer lol) eut lieu la première grosse défaite des incas qui s´y étaient réfugiés après la prise de Cuzco. Manco Capac, le roi de l´époque, parvint à se réfugier à Ollantaytambo, autre cité inca. Les espagnols, qui avaient pris la capitale de l´empire et infligés de lourdes pertes aux incas, repartirent insatisfaits de cette bataille. Ils voulaient la tête de l´empire, Manco Capac! Ils tinrent conseil à Cuzco et décidèrent d´aller poursuivre le roi dans sa cachète. La défense de ce dernier était très affaiblie et il serait facile de le prendre. On raconte qu´un chasqui (messager inca qui passe son temps à courrir pour divulguer la bonne parole) entendit la conspiration et partit prévenir son roi. Ce dernier envoya alors chercher des renforts dans les cités incas des environs.

Lorsque les espagnols arrivèrent à Ollantaytambo (ci-contre), sûrs d´eux, ils durent laisser leurs chevaux pour gravir les immenses terrasses et parvenir en haut de la cité. Là, ils virent le roi monté sur un cheval et armé d´un fusil... mais seul. "Ah ah ! On te tient fils de vaurien ! " Au moment où ils pensaient que c´était du tout cuit, ils virent surgirent de la montagne des milliers d´indiens armés de flêches (et aussi des arcs, histoire de lancer la fleche quand même). Ceux-ci firent un massacre et remportèrent la 2eme manche. Egalité donc. Les quelques prisonniers espagnols furent libérés en se faisant montrer la tête des vaincus, empallés en signe de trophée, avec ce message très clair que tous les barbus subiraient le même sort. Cependant les incas célébrèrent bien peu leur victoire. Les espagnols revinrent peu de temps après, en très grand nombre et poursuivirent les incas jusqu´à les massacrer. Ils prirent et détruisirent de nombreuses cités incas. Par chance, des épidémies les firent renoncer dans leur recherche du Machupicchu et celui-ci fut préservé.

Dans les années 1780, Tupac Amaru II, un indien qui se rebélait contre le joug espagnol, fut attrapé et écartelé sur la place public. Les espagnols mirent ainsi fin au dernier foyer de résistance inca et envoyèrent ses membres aux 4 coins de l´empire, pas de jaloux!
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On a eu la chance de voir les restes de cette grande civilisation, que fut celle des incas et on l´a partage avec vous par l´intermédiaire de ce récit et de ces quelques photos. Demain on part pour un trek de 9 jours qui relie une petite ville près de cuzco au Choquequirao et de là au Machupicchu. Ca risque d´être énorme! Que la force soit avec nous...

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dimanche 13 avril 2008

La Paz y el lago Titicaca, vous êtes en Bolivie!

Hola todos!

Pour introduire cet article on a choisi de vous présenter rapidement la Bolivie. La Bolivie est un pays sans accès à la mer encerclé par de nombreux voisins: le Brésil, le Paraguay, l´Argentine, le Chili et le Pérou. De nombreuses guerres de territoire ont (par ce fait géographique) marquées l´histoire de la Bolivie, comme en 1879 où le Chili lui a pris son accès a la mer. Les boliviens l´ont encore en travers de la gorge.
Le pays est considéré comme le plus riche en ressources naturelles d´Amérique latine et paradoxalement, c´est l´un des plus pauvres économiquement parlant. En effet, ses richesses naturelles font son malheur. Elles sont toutes exploitées par des capitaux étrangers et la Bolivie ne voit pas la couleur des profits (à part pour l´industrie pétrolière qui fut nationalisée durant le mandat de l´actuel président Evo Morales; un indien). Les boliviens jouent quand même un rôle, puisque ce sont eux qui travaillent à extraire ces richesses (pour un salaire misérable et dans des conditions pires encore).
Coté géographie, l´altiplano ne représente que 15% du territoire. Presque tout le reste du pays est amazone.
En ce qui nous concerne, après le salar d´Uyuni, nous sommes partis directement sur La Paz, capitale montée de toutes pièces par les espagnols au XVIe siecle.






Cette ville d´2 300 000 habitants est étagée entre 3200 et 4000 mètres. C´est la capitale la plus haute du monde. C´est sans doute le plus grand souk du monde. Les destinations des colectivos (bus de la ville ) sont annoncées à grands cris à travers les fenètres du passager avant. Des vieilles sorcières te vendent des foetus de lama pour ramener l´amour dans ton lit conjugal.




Tout se vend dans la rue, du jus d´orange fraichement pressé (20 cts €) au dernier DVD live du groupe fétiche bolivien.


















Pour finir, le grand marché municipal etait en reconstruction et ils n´ont pas trouvé mieux que de mettre tous les commerçants dans les rues voisines. Comme la ville est toute en pente, c´est une vraie mission que d´aller acheter du pain pour déjeuner.
























Autant on avait pas vu le changement avec l´Argentine à Tupiza, autant là on le ressent puissance 10.

On ne s´attarde pas trop dans cette ville de fou (2j) et on trace sur le lac Titicaca, à la frontière avec le Pérou. On garde le reste de la Bolivie pour le retour, en mai.

Arrivés sur les rives du Titicaca à Copacabana, on apprécie le calme de cette petite ville balneaire bolivienne. Le rythme de vie s´écoule lentement, il n´y a pas grand chose à faire à part se reposer.



















Le 1er soir on monte au calvaire (et c´est vraiment un calvaire vu qu´on est à 4000m) assister au traditionnel coucher de soleil.








Le lendemain on part pour l´isla del sol, censé être typique et mignonne.





















On se rend bien vite compte qu´elle est devenue un piège à touristes. A peine le bateau accoste t´il sur l´île qu´on nous taxe d´un droit d´entrèe (impossible d´atteindre le bout du quai et de mettre un pied sur l´île sans avoir payé. Certes la somme est modique mais elle ne s´accompagne d´aucun service touristique: pas de plan, pas de bienvenue, ni même un sourire... PAGAS!
Un peu triste de voir à quel point les habitants sont devenus mercantilistes. Nous passons une nuit sur l´île et le lendemain alors que nous partons pour le nord du cailloux on a une nouvelle fois le droit à un barrage de vieux qui nous taxent cette fois ci pour avoir accès au nord. Et oui messieurs dames, hier on avait payé pour le sud en fait. C´est gentil d´avoir prévenu!
De nouveau aucune information, pas l´ombre d´un sourire ni d´explications sur les ruines situées au bout de l´île. PAGAS!
La somme ne représente pas grand chose (pour un européen), mais l´intention n´est ni plus ni moins de presser le jus du touriste. On nous prend vraiment pour des citrons. Blasés, écoeurés, on essaie d´en rigoler en donnant nous même des interprétations aux vestiges trouvés sur le chemin.



Ici, la maison de la mère Yumani Chalala, qui fut un temps crêpière mais qui lors d´une tempête perdit le toît de sa maison. Elle décida alors de ne plus vivre si isolée du village, de déménager et de se reconvertir en presseuse de jus (de fruits ;-).
La légende raconte, qu´alors qu´elle entamait une énième tournée de crèpes, une bourrasque emporta son toît ainsi que la crêpe qu´elle faisait sauter en cet instant. On dit même que le rocher qu´on voit au loin serait la fameuse crêpe envolée.





A droite, la mère Yumani Chalala nous préparant un de ces jus aux noms étranges comme: "Le bourrasque envole moi tout ça par là bas nom de diou".
On sent un peu de rancoeur dans son expression faciale.
D´autres diront que c´est la passion du travail.
"Si tu veux un bon jus, faut y mettre la poigne"
"Quand tu presses, faizy gaffe que ton orange elle s´envole pô!"
dixit la mère.






Quand aux îles flottantes, autre attraction du lac, certes présentant un attrait historique et typique, elles se sont également transformés en objet touristique.


L´origine de ces îles vient de la fuite du peuple Uros face à l´invasion Inca.
Les uros se sont réfugiés sur le lac en élisant domicile d´abord sur leur barques de pêche puis sur ces îles flottantes qu´ils conçurent ingénieusement (á base de Totora, genre de bambou).

Plus tard, en questionnant le guide, j´apprendrai dans la confidence que ces îles n´ont aujourd´hui qu´un seul but touristique. D´ailleurs ce ne sont pas les uros qui nous acceuillent depuis 1950 (les uros ont disparus) mais la communauté Aymara, qui a bien flairer le profit à en tirer...
Franchement le lac titicaca c´est la plus grande déception de notre voyage, ça a beau être le lac le plus haut du monde, ça reste un lac. Quand à l´isla del sol, qu´on surnomme l´isla del vol, on ne le conseille à personne. Si vous voulez voir une belle île, allez à Ouessant!!! Beaucoup plus joli et vous apprendrez peut être quelques mots de bretons (ça vaut le quechua!) en mangeant de bonnes crêpes.
Depuis on a continué notre route sur Cuzco, au Pérou, la capitale de l´empire Inca. On vous en raconte plus dans une semaine, mais pour l´instant on adore!

dimanche 6 avril 2008

4 jours en 4x4 dans l´altiplano bolivien

Buenos días todos!! Depuis peu nous sommes sur le sol bolivien. On a passé deux jours à Tupiza puis on a enchainé sur une expédition de 4 jours en 4x4 dans le sud lipiez et le salar d´Uyuni. On a du, comme tout le monde (à part les aventuriers fou fou fou et mécano) passer par une agence. Notre chauffeur/guide/mécanicien est du voyage ainsi qu´une cuisinière, Porfi. Grand luxe (comme avec toutes les agences). Petit article illustré de ces quelques jours passés entre 4000 et 5000 mètres.



















La laguna scintillante


La laguna colorada















Un arbre de pierre...
...dans un désert hallucinant















Maîtres renards guettant le fromage
La laguna de los sueños

Perdus au milieu de kms salés

A 4000m, toujours la frite!
















Un ilot perdu au milieu du salar (un inca y aurait vécu!!!)

Les montagnes de sel

Brrrr, à 4500m il fait froid!

Vue de l´île Inca Wassi

Lever du soleil sur le salar...

... bien mérité











Flamands rose de loin...
... et de près!!!

La laguna verde, à la frontière avec le Chili
















Sergent chef Lama (un collègue du caporal)

Le désert de Dalí

Cet article est plus imagé que rédigé car pendant ces quelques jours on est resté passifs dans le 4x4 se faisant promener d´un lac à l´autre. Les pauses photos étaient rares selon les jours (presque inexistantes le premier jour). Le deuxième jour il a fallu avaler 11 heures de 4x4 pour rejoindre l´hotel du soir. De plus, on devait faire vite pour être sure d´avoir un lit! Les agences se font compétition et s´était plus un Paris-Dakar qu´une promenade touristique. On a quand même apprécié la balade pour ses paysages magnifiques. De plus, on a pu approcher de près cette fois-ci, les flamands rose. Vous serez donc contents car vous pourrez garnir la facade de votre frigo avec les photos! Prochaine étape le lac Titicaca, ce lac au nom étrange qui nous faisait bien rigoler à l´école primaire.

Il ne fait pas bon de mesurer plus d´1,60m en Bolivie...

lundi 31 mars 2008

Derniers pas en Argentine

Toujours dans le NOA, le rythme du voyage s´est clairement ralenti pendant 4 jours durant lesquels on est restés à Salta pour soigner les blessures de guerre d´Alexia. Nos journées, extrèmement passionnante, se partageaient entre des parties de babyfoot (où Alexia a gagné la plupart du temps), des sessions internet et de la cuisine expérimentale. Semaine sainte oblige, tout était fermé jusqu´à mardi, jour de la deuxième visite d´Alexia chez le dermato. Ce n´était en fait qu´une formalité qui n´a pris que 5 minutes.
On peut continuer le voyage! Voici donc un résumé de nos péripéties de la semaine dernière. Nous repartons sur la route et retrouvons le rythme et l´excitation du voyage.

A Tilcara, on part marcher dans la Puna (hauts plateaux des andes argentines, ici à 2900 mètres) puis nous visitons une Pucara, cité indienne datant d´avant les incas (avant 1400ac).

Alexia est frappée par le soroche (mal des montagnes). Les symptomes sont une difficulté à prendre sa respiration et un mal de tête généré par le manque d´oxygène à cette altitude (ne vous inquietez pas on est désormais totalement acclimatés et le soroche n´est plus qu´un mauvais souvenir). Heureusement, on a des feuilles de coca qu´on mache immédiatement dès qu´on sent qu´on faiblit un peu. Bizarement, on ne ressentira rien à 4000m quand on passera un col pour arriver aux Salinas Grandes.

El Quemado (4000m)




C´est un lac dont le fond est salé. A la saison des pluies, les salines sont innondées et à la saison sèche il ne reste plus que du sel que les ouvriers recueillent.
Le soleil est vraiment mauvais par ici et il faut absolument se protéger la peau et porter des lunettes pour ne pas abimer ses beaux yeux.

Dans la vallée, le village de Punamarca et sa colline aux sept couleurs nous ont un peu déçu. On aurait espéré quelque chose de plus spectaculaire. Ah! On devient difficiles!




Nous continuons de remonter la quebrada de Humahuaca en direction de la Bolivie. Les gens sont tous indiens et la région n´a vraiment plus rien d´argentin, à part peut être, les bons alfajoles (biscuits chocolatés au dulce de leche).

Nous passons à Iruya, un village complètement paumé au milieu des montagnes.













Une balade de 2 heures nous amène à un autre bled seulement accessible à pied. C´est dingue, les gens font l´aller retour tous les jours entre ces deux bleds pour acheter de la nourriture, travailler, ou encore aller à l´école pour les gamins.

Peu à peu, la présence argentine s´efface. Les épiceries des villages ne proposent que peu de choix, plus de trace de l´origine européenne des habitants, l´eau chaude des douches s´obtient en branchant la résistance placée dans le mini réservoir pendant 15 minutes. L´Argentine s´efface, la Bolivie approche!

Avant cela, on part s´exiler 2 jours dans la puna à 3680m, là encore au milieu de nulle part. Pourquoi s´acharner à visiter des endroits si reculés? Pour le plaisir de vivre des moments uniques de dépaysement! Pendant ces 2 jours on observera les flamands rose s´envoler. Désolé pour les photos, on a pas réussi à en prendre d´assez près. Au loin le ciel est orageux mais s´éclaircit comme par enchantement pour laisser apparaitre un coucher de soleil magique, à en faire rougir les nuages.


La nuit, c´est le ciel le plus étoilé qu´on est jamais eu l´occasion de voir qui s´offre à nous. Unique! Renouant avec le stop (el dedo!) on est arrivé en Bolivie plus tôt que prévu. D´ailleurs, pendant qu´on roulait dans la voiture de location de deux suisses, on s´est fait littéralement attaquer par un groupe de chèvres menées par un lama... On les a vu foncer vers la voiture, le commandant en chef , "caporal lama", en tete de la troupe et enorgueilli de mener une telle entreprise avec toutes ses petites chèvres admiratives et à ses ordres. Le caporal a vérifié l´etat du vehicule puis est venu demander ses papiers au chauffeur pendant qu´une de ses sous fifres chèvres cherchait a ouvrir le coffre pour detécter la presence de drogues. On vous rassure, on a pu repartir en sousdoyant un peu le caporal à l´aide de quelques carottes.


Nous nous trouvons actuellement à Tupiza, en Bolivie. Le changement n´a pas été très difficile pour les raisons que nous vous avons énumérées plus haut. On part pour une excursion de 4 jours en 4x4 dans le sud de l´altiplano et le salar d´Uyuni. Ca promet!

mardi 18 mars 2008

Bienvenue dans le NOA (NorOeste Argentino)

Merci lecteurs de nous etre toujours aussi fidèles et d´avoir le courage de poster des commentaires!! (soso on t´en veux pas! lol) Bienvenue aux nouveaux venus aussi qu´ils soient catalans, dermatologues ou yankees. Bienvenus dans le NOA, nord ouest argentin.

Depuis le temps qu´on en révait!
Quelques mots sur la région. Elle est le berceau de l´indépendance du pays, notamment la ville de Tucuman, où fut signée la déclaration de l´indépendance en 1812.
Le nord ouest est totalement différent de l´Argentine qu´on connait (et vu qu´on connait maintenant toute l´argentine, elle est différente du reste du pays).

Sa culture, ses paysages et son peuple sont pour nous du jamais vu. On se croit plus en Bolivie.

Premier point de chute, Cafayate. Le village se situe à 1700m d´altitude et constitue une région viticole, réputée notamment pour son vin blanc le Torrontes. Dans le village, se déroule une messe pour la consécration du nouvel évêque de la paroisse. Toute la ville est rassemblée sur la place et écoute la parole de l´évèque avec attention. On ne s´attarde pas et on part goûter la fameuse glace au vin! Riquissimo.

Un peu plus tard, on voit de la lumière dans une grande cour intérieur, avec des tables et à boire et à manger. C´est le nouvel évêque qui régale. Aléluia. On y prend part évidemment. On bave devant les empanadas et autres mets car en tant que bons catholiques il nous faut attendre que l´évêque porte son toast. Heureusement, pour nous faire patienter, on a droit aux classiques du top 50 des années 90 remasteurisés à la flute de pan: porque te vas, aïcha, aimer c´est ce qu´il y a de plus beau, ti amo, ou encore all by myself...On essaie de pas trop se faire remarquer car on se sent un peu comme dans une fête óu l´on n´aurait pas été invité (c´est dur quand tous les invités mesurent 50cms de moins...). On y échappera pas. Alors qu´on allait atteindre la sortie, on se fait interpellé par le speaker qui nous demande si on vient de Buenos Aires. " De Francia" lui répond-t-on. "Han cruzado el rio para venir a comer empanadas acá!" (traduction: Vous avez franchit le fleuve pour venir manger des empanadas ici!). Jajaaaa!
Et il termine par un bon vieux tradidi " je ne parler francais"
Le lendemain, on part pour 2 jours en exploration de la Quebrada de las conchas.

Ce furent deux jours assez pénibles puisqu´on a du longer la route asphaltée...

Ce fut tout de même magnifique, surtout la soirée qu´on a passé à camper dans un endroit magique aux couleurs plus spectaculaires les unes que les autres.

Prochaine destination, Cachi. Et là pour y arriver c´est tout une histoire. On s´explique.
On part en bus de Cafayate pour Angastaco. Jusqu´ici tout va bien. A la descente du bus on se retrouve dans un minuscule village perdu au milieu de nulle part (ce nulle part ce sont des paysages montagneux jonchés de cactus). Une allemande est descendue aussi. Après un ptit tour du village pour voir si un habitant peut nous conduire, on part tous les 3 à l´intersection qui part sur Molinos, à 1km de là. La, on décide d´aller poser nos sacs au petit café qui se trouve juste au croisement (heureusement qu´il est là ca permet d´etre a l´ombre). Là, je crois voir sortir la serveuse qui vient nous acceuillir. Gaetan la salue tres tres chaleureusement a ma surprise. Mais je comprends vite. Il ne s´agit pas de la serveuse mais de l´espagnole! Une copine qu´on s´est faite a Cafayate. On avait passé une soirée ensemble a l´auberge et on avait bien sympathisé. Elle nous raconte qu´elle est arrivée hier dans le village, ainsi qu´un américain et un couple d´allemand et qu´ils ont fait du stop pendant 5h sans succès!! (10 voitures en 5h sont passés..) Arff... Ca va pas etre si facile que ca... Mais nous on est frais et motivés et dès qu´une voiture passe, on court avec notre pancarte jusqu´à la route.


Rien à faire... Gaétan a discuté en arrivant avec un habitant qui lui a dit qu´il nous emmenerait a 18h moyennant quelques pesos. Les autres ont entendu dire qu´un groupe de touristes avait loué un mini bus et partait pour molinos a 17h. Donc on a 2 plans. Au bout de quelques heures on se rend compte que les 2 plans n´en forment qu´un et que c´est nous le groupe de touriste, que le minibus c´est la fourgonette qui passe a 18h (commérage de petits villages) .

La on vous passe les détails sinon ca va etre trop long mais on finit par partir tous les 7 a 19h. A l´arrière de la fourgonnette on en prend plein les yeux (de la vue et du vent!). On arrive 1h plus tard a Molinos où, le lendemain, un bus part pour Cachi.

On établit campement au camping, on se prépare un asado (BBQ) et on se renseigne pour l´heure du bus. Surprise!!!! Il n´y a pas de bus demain!!!!!Et c´est reparti pour une journée de stop! Sauf que cette fois, on est plus 7 a vouloir se faire emmener mais 10! Trois argentins, au camping aussi, sont sur la route. Ya compét´.

La c´est pareil si on ne vous épargne pas les détails vous auriez un roman à lire. Mais ce qu´il vous faut savoir c´est qu´on a décolé vers 9h du camping et qu´on est arrivé avec Gaétan et 2 des 3 argentins à Cachi vers 18h (qui sont au total 6 + un chien abandonné ramassé dans le camping de Cafayate et qui ne voyagent qu´en stop! Ils veulent aller jusqu´au Vénézuela). On aura pris 3 fourgonettes. Et l´avant dernière nous a laissé a une intersection au milieu de nulle part (mais alors là vraiment) où on a fait du stop pendant 3h et où j´ai vraiment cru qu´on allait passer la nuit là.



Mais non! On y est! Et au final c´était une super expérience surtout qu´on était plein. Tout seul c´aurait été la mort!

Un ami que s´est fait Gaétan

A Cachi, encore une fois une fête religieuse, c´est la San josé (joseph). Messe sur la place, feux d´artifices deviennent pour nous une habitude. Mais nouveauté avec la Doma, le rodéo argentin. Tout le village est là pour le spectacle des Gauchos luttant pour rester sur les chevaux. Nous sommes surement les seuls blancs au milieu d´une centaine d´indiens et de Gauchos. Sommes nous encore en Argentine?

L´allemande connait déja tous les Gauchos et nous les présente. Après la Doma on reste discuter avec eux et en tant que chamuchero et gaucho qui se respecte l´un deux drague férocement l´unique blonde de la zone. On finit par les marier en vistesse pour qu´ils puissent passer à la nuit de noce.

Bref, on s´est bien marré. Un des gauchos, Nestor, nous invite avec l´allemande a venir dans son village, Chicoana, pour faire des balades à cheval. On part un peu dans le doute, car à part le nom du village on a pas beaucoup d´autres informations.

Mais Nestor est là pour nous accueillir à la sortie du bus. C´est déja la nuit mais Nestor tient à voir notre habilité sur un cheval et nous fait monter sur le sien. Gaétan tente un mini galop, quand à moi, Nestor me fait faire des jeux d´équilibre et je finit debout sur le cheval les bras en V, comme victoire. lol. Après une longue nuit très reposante dans l´humble demeure de Nestor, on part en voiture pour le campo. Quelques mots sur Nestor, le saint. A 15 ans, rebèle dans l´ame, il quitte le foyer familial pour vivre de la Doma, contre l´avis de ses parents. Il en vivra pendant 15ans et finit 11eme de sa catégorie (la plus difficile) en Argentine. L´amour des chevaux lui fait délaisser cette activité pour une autre, l´hipothérapie. Ainsi, plusieurs fois par semaine, il fait monter à cheval des enfants handicapés mentaux ou simplement repliés sur eux même. Les changements sont spectaculaires. Il est aussi payé par des propriétaires de chevaux sauvages, ou rebèles, pour les dresser.

Nestor et son lancé du lasso
Il s´assure avant d´accepter que les chevaux seront bien traités dans le futur! Tout le village le connait. Il lutte aussi contre la corruption, dénonce l´explotation des boliviens dans les plantations de tabac du village etc... Il étudie aujourd´hui la politique pour se présenter aux municipales. Votez pour lui!
Nestor nous emmène à cheval jusqu´à la maison d´un copain où on fait péter l´asado. Empallés sur une branche taillée par Nestor, un poulet et de la viande rouge nous régalent.

On vit le temps d´une journée le quotidien d´un Gaucho: Attraper les chevaux au lasso pour les vacciner, fabriquer une parilla avec deux bouts de bois, dresser les mûles etc...
Le nord ouest argentin, on le resent comme ca, se caractérise par ses gens et ses paysages, tous plus incroyables les uns que les autres. Bref, le nord ouest argentin c´est magique. On le conseille à tout le monde.
Pour le moment on est en pause à Salta en raison d´une allergie un peu bizzarre probablement dûe à des piqures d´insectes.

On espère pouvoir se remettre en selle très prochainement pour terminer le nord argentin et enchainer sur la Bolivie. En espèrant que les insectes se fassent choper à la douane et ne traversent pas la frontière... lol.